L’écoulement de l’eau liquide sur un glacier ressemble fortement à l’écoulement de l’eau sur un relief calcaire, avec la formation d’un réseau de conduits organisé. Au fil de la journée, la glace fond en surface et ruisselle sur la glace pour former un réseau de filets d’eau de plus en plus gros, jusqu’à devenir un véritable torrent à la surface du glacier. L’eau entaille la glace par action mécanique et thermique pour former une bédière, c’est à dire un cours d’eau chenalisé sur la glace. La taille de ce cours d’eau va de quelques centimètres de large à plusieurs dizaines de mètres sur les glaciers polaires.

Lorsqu’une bédière rencontre une crevasse, elle plonge alors dans le glacier pour rejoindre un réseau de conduits intra et sousglaciaires. Rapidement, l’entrée de la bédière se transforme et s’agrandit pour former un “moulin”. Ce terme glaciologique vient du son produit par l’eau pendant sa chute dans le glacier et qui rappelle celui d’un moulin à eau. Au fur et à mesure que le glacier avance, la crevasse se referme, mais le moulin peut subsister, du moins tant qu’une autre crevasse ne coupe l’alimentation de la bédière plus en amont.

L’eau entrée dans le moulin s’écoule par un réseau de conduits pour rejoindre la base du glacier. Comme dans les massifs calcaires karstifiés, ces conduits peuvent être remplis d’eau entièrement, ou partiellement, voire complétement sec quand le réseau évolue et coupe l’alimentation de certaines branches du réseau. Ce réseau se développe en trois dimensions depuis la surface.

Les mesures de monitoring permettent de suivre l’évolution de ce réseau de drainage et son niveau de structuration.